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Le courriel comme preuve : envoyé n’est pas reçu

Une capture d’écran du dossier des éléments envoyés ne prouve pas qu’un courriel est arrivé. C’est comme la photo d’une lettre qu’on glisse dans la boîte : elle montre que la lettre a été postée, pas qu’elle est arrivée. C’est pour cela qu’existe l’envoi recommandé avec accusé de réception.

Le trajet d’un courriel

Un courriel passe par quatre étapes, et chaque étape laisse des traces à un endroit différent.

Chaîne de preuve d'un courriel Quatre étapes : rédigé et envoyé dans le client de messagerie de l'expéditeur, transmis par le serveur sortant, accepté par le serveur de réception, remis dans la boîte aux lettres. Une capture d'écran des éléments envoyés ne montre que la première étape. 1. Envoyé client de l'expéditeur 2. Serveur sortant fournisseur de l'expéditeur 3. Accepté « 250 OK » du destinataire 4. Remis boîte du destinataire ce que montre une capture des éléments envoyés où se trouve la preuve de remise : les journaux de l'expéditeur Le Message-ID est aussi créé à l'étape 1, par le client de l'expéditeur lui-même.

Une capture d’écran ou une impression des éléments envoyés ne montre que la première étape : il y avait un message dans le client de messagerie de l’expéditeur. Le Message-ID ne prouve pas non plus la remise, puisque c’est le client de l’expéditeur qui le crée.

Où se trouve la preuve

Dans les journaux du serveur de courrier sortant de l’expéditeur. Ils indiquent si le serveur du destinataire a accepté le message. Chez Gmail, cette réponse ressemble à 250 2.0.0 OK … - gsmtp.

Ces journaux ne sont pas conservés longtemps :

  • Microsoft 365 : message trace, jusqu’à nonante jours en arrière (Microsoft Learn).
  • Google Workspace : Email Log Search, trente jours (aide aux administrateurs Google Workspace).
  • Un serveur ou un hébergement propre : les journaux du serveur de courrier, souvent de quelques semaines seulement.

Si le litige n’éclate que des mois plus tard, ils ont souvent déjà disparu. S’ils existent encore, faites-les récupérer par le fournisseur, pas par l’expéditeur. Demandez aussi le message d’origine au format .eml (dans Gmail : Afficher l’original). Il contient le Message-ID, le trajet et l’authentification, ce qu’une impression ne montre pas.

Du côté du destinataire

Avec un compte Gmail gratuit, on ne peut pas prouver de façon concluante qu’un courriel n’est jamais arrivé. Une recherche dans tous les dossiers, y compris Spam et Corbeille (in:anywhere, ou rfc822msgid: si le Message-ID est connu), et un Google Takeout avec hachage étayent l’affirmation. Mais un message supprimé ne se distingue pas d’un message qui n’est jamais arrivé.

Acheter Google Workspace après coup n’y change rien. Workspace fonctionne avec un domaine propre et de nouveaux comptes, et les journaux ne commencent qu’à l’activation. Pour un compte gratuit, vous n’obtenez les journaux de Google que par une réquisition judiciaire.

Examiner une capture d’écran ou une impression

S’il n’y a qu’un scan d’une impression, vous avez au moins la troisième génération de l’original. Chercher des traces de retouche au niveau du pixel n’a alors pas de sens. Vous pouvez en revanche vérifier si les pièces concordent entre elles et avec le fonctionnement du client de messagerie.

Demandez la pièce elle-même. Les données confidentielles peuvent être noircies, tant que la date et l’heure, l’adresse du destinataire et le Message-ID restent lisibles. Vérifiez ensuite :

  • L’adresse complète du destinataire y figure-t-elle, ou seulement un prénom ? Si le destinataire a plusieurs adresses, un prénom ne dit pas à quelle adresse le courriel est parti.
  • La date correspond-elle au moment de la capture ? À l’écran, Gmail n’affiche que l’heure pour un message du jour, et à partir du lendemain aussi le jour et la date. Une impression montre toujours la date et l’heure, ce test ne vaut donc que pour une capture d’écran.
  • Le compteur est-il cohérent ? En haut d’un message ouvert dans Messages envoyés figure « 1 sur » suivi du total. Gmail donne le numéro 1 au message le plus récent. Si la capture a été faite plus tard et qu’un autre courriel est parti entre-temps, ce ne peut plus être le numéro 1.
  • La pièce jointe figure-t-elle sur l’impression ? Gmail imprime les pièces jointes en bas, avec nom et taille. Si le courriel parle d’une pièce jointe et qu’il n’y en a pas sur l’impression, l’impression a été raccourcie ou il s’agit d’un autre message.
  • Tout est-il dans la même langue ? Dans un Gmail en néerlandais, la barre au-dessus d’une pièce jointe indique « Eén bijlage • Gescand door Gmail ». Une barre en anglais dans une capture par ailleurs en néerlandais, quelqu’un doit pouvoir l’expliquer.
  • Deux impressions du même message ont-elles la même mise en forme ? Une impression Gmail reprend la mise en forme et la couleur. Une différence de gras peut toutefois venir du scan.

Vérifiez chaque point par un test personnel dans le même client de messagerie, et notez quel type de compte, dans quelle langue et quand vous avez testé. Gmail change. Ainsi, chacun peut refaire vos tests, et c’est ce qui en fait la force.

Décrivez ce que vous trouvez comme des contradictions que l’expéditeur doit expliquer, pas comme une preuve de falsification. Cela, vous ne pouvez pas le démontrer sur un scan.